William Hogarth et le Jeu de l’Imitation

Comment Hogarth et l'Imitation ont-ils décidé du développer l'art au 18e siècle en Angleterre ?

L’imitation a toujours eu une grande influence sur la scène artistique, particulièrement au 18e siècle en Angleterre. Au début, il n’existait pas d’École d’Art Britannique à proprement dire ; c’était à travers l’Imitation, particulièrement avec William Hogarth, que cette dernière a été créé et que l’Angleterre et devenue un point de référence artistique européenne. 

C’était William Hogarth qui a demandé à la St. Martins-Lane Academy s’ils avaient une personne qui pouvait peindre un portrait de la même façon que Van Dyck, et de l’accrocher ou il pourrait être vu et apprécié afin que l’artiste baigne dans la gloire de sa création. Allan Ramsay, un des plus grands rivaux d’Hogarth, insista sur le fait que personne ne pouvait peindre à la manière de Van Dyck, chose que vingt autres artistes ont confirmé.

Hogarth n’a pas fait attendre les artistes trop longtemps, et a présenté en 1740 un portrait de Capitaine Coram (photo 1). C’était une imitation de “Charles I et Henrietta Maria avec leur deux enfants ainés Prince Charles et Princesse Marie” de Van Dyck de 1631 – 1632 (photo 2), et a été expose dans le Foundling Hospital.

Au moins, cette situation a le mérite de nous faire comprendre à quel point l’imitation était répandue à ce moment-là. Mais quelle était l’intention de Hogarth quand il a réalisé ce portrait a la manière de Van Dyck ?

William Hogarth, 'Captain Thomas Coram', 1740, The Foundling Museum
William Hogarth, 'Captain Thomas Coram', 1740, The Foundling Museum
Sir Anthonis van Dyck, 'Charles I and Henrietta Maria with their two eldest children, Prince Charles and Princess Mary', 1631-32, East Gallery, Buckingham Palace
Sir Anthonis van Dyck, 'Charles I and Henrietta Maria with their two eldest children, Prince Charles and Princess Mary', 1631-32, East Gallery, Buckingham Palace

À ce moment-là dans l’histoire de l’art, l’Imitation avait déjà une longue histoire.

Au début, elle constituait une imitation de la nature en prenant des œuvres Antiques comme modèles, ce qui était la base de l’art de la Renaissance. Après, l’imitation a été définie comme un suivi dans la lignée des grands maitres de la Renaissance, qui ont parfaitement englobe la nature. Ainsi, la représentation de la nature était accessible seulement à travers leur art.

L’académisation de l’imitation avait commencé, et les premières théories sont apparues. En général, elles exprimaient que n’importe quelle œuvre d’art devait être créé par rapport à un “grand maître”, du “Raphael Divin” (J. Richardson) à Leonardo, à Rembrandt ou même Van Dyck, afin de créer des œuvres qui sont aussi bonnes, voire “meilleures que l’originale” (J. Richardson)

Retournons à Hogarth. Né en 1697, Hogarth a commencé sa carrière a un moment ou l’Angleterre n’avait pas d’école d’art. Ses premières œuvres comme “Le Progrès d’une Prostituée” (1732) et “Le Progrès de Rake” (1735) représentaient des cycles moraux appelés des “sujets moraux modernes” faits pour la bourgeoisie et qui se vendaient bien. Ces œuvres lui ont donné une gloire instantanée, et elles ont êtes réadaptées en spectacles d’opéra.

Ces cycles moraux ont une signification moral directe pour tout public à la fois grand ou niche, grâce aux imitations caches qui ne peuvent être vues que par des connaisseurs d’art. Ici, les imitations ont été surtout prises de l’art Chrétien : par exemple “la Passion du Christ” (photo 4), dans la dernière scène du “Progrès du Rake” (photo 3). Hogarth voulait donner à son travail une dimension Sainte, et s’inscrire dans la tradition de grands peintres religieux. Il élève l’art Chrétien – le début de l’art – au niveau supérieur.

William Hogarth, 'A Rake’s Progress: in the Madhouse, scene VII', 1735, copper engraving
William Hogarth, 'A Rake’s Progress: in the Madhouse, scene VII', 1735, copper engraving
Rogier van der Weyden, 'Pietà', c. 1441, Royal Museum of Fine Arts of Belgium
Rogier van der Weyden, 'Pietà', c. 1441, Royal Museum of Fine Arts of Belgium

C’était l’époque où l’on considérait que les peintures historiques avaient le plus de valeur dans l’art. La scène artistique britannique était contrôlée par des peintres étrangers originaires de France, d’Italie et des Pays-Bas. On disait que les artistes anglais ne produisaient pas des œuvres d’aussi bonne qualité.

Suite à cela, Hogarth a essayé de donner à ses cycles la même valeur que porterais une peinture d’Histoire à travers ses imitations historiques. Mais le monde de l’art n’y voyait pas plus que des peintures de genre.

Le patriote Hogarth a donc commencé son combat contre les artistes étrangers, et a créé son académie- St Martin’s-Lane Academy, en 1735 ou les études de personnage étaient faites en utilisant des modèles vivants et non des statues Antiques comme le faisaient toutes les académies reconnues de France. L’objectif était de créer une école d’art autonome et souveraine.

Puisque les artistes anglais ne pouvaient pas peindre des œuvres Historiques, ils ont été grandement commissionnés à peindre des portraits. Leurs clients venaient de la classe noble, qui voulait être représentée par le biais de portraits.

Pour atteindre le niveau des peintures historiques, le lien a un Grand maître ainsi que le suivi des conventions académiques étaient presque obligatoires. Ces conventions académiques en général demandaient l’utilisation de colonnes claires et brillantes, de draperies, l’idéalisation des vêtements qui flattent le corps, un visage clair, la peau lisse paraissant très jeune, et une perruque ou un chapeau triangulaire.

“Capitaine Coram” d’Hogarth (photo 1) suit ce désire d’élaboration d’un “portrait historique”, mais il relègue les conventions universitaires comme la colonne, la draperie, l’idéalisation vestimentaire et le visage afin de le faire suivre le style des portraits bourgeois. Coram prend place sur le siège du roi dans ce portrait de style héroïque, que Hogarth qualifiera de parodie.  C’est sa manière de critique le consensus absolu quant aux conventions universitaires et de forces les artistes à développer une École Anglaise souveraine.

La première réponse vint de Ramsay lui-même, avec son portrait de Dr. Richard Mean (1747, photo 5) et ensuite de Reynolds avec son portrait de William Legge (1757, photo 6), qui était une imitation de “Charles” de Van Dyck (1636)

Allan Ramsay, Dr. Richard Mead, 1747, oil on canvas, Foundling Museum.
Allan Ramsay, 'Dr. Richard Mead', 1747, Foundling Museum
Sir Joshua Reynolds, 'William Legge, Second Earl of Dartmouth', 1757, Foundling Museum
Sir Joshua Reynolds, 'William Legge, Second Earl of Dartmouth', 1757, Foundling Museum

Les portraits de Ramsay et Reynolds ont été envoyés comme des cadeaux au Foundling Hospital, ou ils ont été exposés. Bien que Hogarth présentât une ressemblance plus précise dans ses portraits, Ramsay et plus particulièrement Reynolds ont surpasse le portrait de Hogarth dans leur idéalisation et leur utilisation des conventions académiques. Ainsi, les années 1850 peuvent être vues comme le paroxysme du désir des règles strictes quant aux productions artistiques.

Au moins, ici, tout nous montre que les intentions de Hogarth n’étaient ni vues ni reconnues. Ses objectifs étaient trop subtils. Reynolds- qui est revenu en Angleterre après avoir passé deux ans en Italie- a fait en sorte d’inclure son souhait d’une manière de peindre règlementée et idéalisée dans son œuvre, et est donc devenu le peintre emblématique de l’Angleterre, ainsi que le plus grand rival de Hogarth.  Les artistes de la St. Martin’s-Lane Academy se rangeaient aux cotes de Reynolds, et l’Académie s’est dissoute peu après en 1755.

Dans une dernière tentative, Hogarth créé un manifeste artistique qui présente ses buts si ouvertement qu’il a dut savoir qu’il n’avait jamais été parfaitement compris auparavant. Le monde de l’art e semble pas vouloir voir dans Hogarth autre chose que juste un anti-artiste aigri.

Dans “L’Enthousiasme trace) (1762, photo 7) qu’il a réalisé Durant les dernières années de sa vie, il a copie les maitres un a un : Adam et Ève de “La Chute de l’Homme” de Dürer, qui peut être vu sur la surface de la chaire. Dürer a peint Adam et Ève de face, ce qui explique pourquoi il a dû peindre une main de cote afin qu’on puisse en voir la paume.

William Hogarth, 'Enthusiasm Delineated', 1761, The Fine Arts Museum of San Francisco
William Hogarth, 'Enthusiasm Delineated', 1761, The Fine Arts Museum of San Francisco

Ce sont les “erreurs” d’artistes allant de Raphael à Dürer ou Rembrandt que Hogarth voulait faire ressortir. Le commissaire-priseur qui gère les œuvres d’art tel que ‘Le Parrain’ de Raphael et ‘Satan’ de Rubens les présente avec tellement d’enthousiasme et d’une telle manière que les gens ont commencé à manger les poupées de Jésus dans leurs mains. Du milieu à la fin du 18e siècle, la relation aux grands maitres rendait les peintres et les connaisseurs d’art tellement aveugles qu’ils ne pouvaient faire la différence entre un original et une imitation, et donc des commissaires-priseurs pouvaient donc facilement vendre de fausses œuvres de Rembrandt ou de Michel-Ange.

Malheureusement, Hogarth n’a jamais publié cette version de son manifeste. Peut-être parce qu’il a compris qu’il ne pouvait rien faire pour arrêter ce mouvement artistique, ou peut-être parce qu’il était trop fier pour partager ses pensées avec d’autres artistes.

L’imitation de Van Dyck par Hogarth a déclenché un concours d’imitation sans précèdent, ce qui a donné naissance à l’École Britannique d’Art. Mais, il n’en reste pas moins que c’est Reynolds qui remporte le jeu avec ses imitations académiques. Il apporte ses principes à la création de la nouvelle Académie Royale des Arts de Londres, avec lui comme premier président, cinq ans après la mort d’Hogarth.

Fatih Tarhan, 22 ans, est spécialisé dans l’Histoire de l’Art a la Freie Universität, Berlin.

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