Glorifier la Société par l’Art

L’art utilise très fréquemment les symboles de notre société pour interroger des sujets universels tels que la beauté, la passion, la morale, et beaucoup d’autres. A travers cette pratique, les symboles sociétaux choisis par l’artiste acquièrent une dimension « mythique » et « historique ».

En 1965, le critique d’art Gillo Dorfles remarqua que les artistes considéraient souvent leur oeuvre comme « immédiatement historique », et qu’elle acquérait instantanément un « statut de symbole »

Tout comme Andy Warhol et ses Maryline et autre cannettes de soupe Campbell’s ! Warhol mythifia Marylin Monroe comme s’il s’agissait de Vénus, et glorifia Campbell autant qu’un disciple du Christ… Il remplaça nos symboles historiques et religieux par des symboles contemporains de notre société, et déclara : « les supermarchés sont comme des musées pour moi. » Warhol arrêta le temps pour nous guider vers un présent qui, paradoxalement, fit aussitôt partie de notre histoire… De plus, il eut recours aux « dignes outils de notre société » – c’est-à-dire, la production en masse. En faisant ça, il glorifia et mythifia notre société tout entière…

Un autre artiste suivit cette tendance : Jeff Koons. Il reprit l’art social de Warhol, et le fit rencontrer le « ready-made » de Marcel Duchamp. Par exemple, il transforma des babioles folkloriques en sculptures kitsch produites grâce aux technologies les meilleures, et les plus chères. Il amplifia et glorifia les stéréotypes de notre modernité, en ce faisant leur conféra une dimension des plus ironiques…

Après l’esthétique individualiste des années 1950-60 (Jackson Pollock, Willem de Kooning, Robert Rauschenberg…), une autre génération d’artistes apparaît (Warhol, Roy Lichtenstein, Koons), qui proclamait une « esthétique collective » – terme qui, à la fin, devait faire de la modernité un mythe à son tour…

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