L’éco-photographie : une forme d’art alternative

La photographie comme art a contribué de façon révolutionnaire à changer notre perception visuelle du monde depuis le XIXe siècle.

La combinaison de plusieurs appareils, points de vue et logiciels créatifs a permis aux photographes de transformer leurs prises en quelque chose de plus qu’une simple photo. L’objectif a le potentiel de saisir et partager le façon dont la nature, et plus particulièrement l’éco-tourisme, a le pouvoir d’inspirer un public à un niveau global, grâce à la diffusion sur les réseaux sociaux et dans les galeries d’art. L’éco-photographie est en train de devenir une tendance prédominante de la photo d’art : dans un même temps, les artistes peuvent rendre compte de, et partager, des instants de voyage, des paysages, la faune et la flore, des sports ou activités d’extérieur, et faire de ces images des perspectives artistiques étonnantes, qui sont aussi témoins de la diversité des écosystèmes de notre planète.

Un premier exemple : « Artifical Wonderland » de Yang Yongliang, série de photos exposée à l’automne 2015 au Musée d’art moderne, s’inscrit, avec l’œuvre d’autres photographes, dans une prise de conscience partagée des dangers du trafic de l’ivoire, ou des modalités extrêmes de construction de la Chine, et leur impact désastreux sur l’écosystème.

© Yang Yongliang
© Yang Yongliang

L’écotourisme conjugue aventure et activisme : les écotouristes visitent des lieux à l’écosystème et à la faune uniques, avec une conscience aiguisée de la protection environnementale. La tendance qui mêle photographie naturelle et vision artistique est née d’une récente augmentation de l’accessibilité à l’écotourisme, grâce à des kits voyage, des inspirations en vogue sur les réseaux sociaux, et des stratégies marketing innovantes de la part des communautés locales.

© Michael Foust
© Michael Foust

L’attractivité de l’éco-photographie va maintenant au-delà des frontières internationales : les populations s’intéressent à, et se sentent de plus en plus concernées par, la connexion que nous possédons avec notre environnement. Autrefois, la photographie de paysages s’en tenait à la reproduction fidèle de lieux, qui servirait de modèle aux peintres. A présent, grâce à une meilleure accessibilité de certains lieux et chemins isolés, une approche à la fois plus écologique et plus artistique se développe, qui vise à représenter la fusion entre ces environnements et l’impact de la présence humaine. La prise de conscience que la photographie peut provoquer est cruciale dans cette période de changements et cycles écologiques rapides, que l’homme a difficulté à comprendre. L’éco-photographie comme forme d’art alternative, peut véritablement représenter la valeur de notre connexion aux écosystèmes et à leurs espèces. Pour moi, photographe avec une formation de biologiste, cette connexion est essentielle, et se trouve au cœur de ma motivation artistique.

© Michael Foust
© Michael Foust

Comment définir ce nouveau champ de l’art photographique ? Il me semble que c’est un domaine encore très ouvert, et une forme artistique encore fluide. Sa spécificité réside dans cette double connexion, à l’environnement et au corps humain.

En effet, l’effort de l’éco-photographe pour montrer le lien intime entre le corps et la nature, son environnement, donne naissance à des images incroyables d’activité physique extrême dans des écosystèmes uniques. Ces images conjuguent la photographie documentaire classique avec un sens de l’aventure dans des paysages et des environnements extrêmes. Chris Burkard, un photographe californien (http://www.chrisburkard.com), a su rendre cette rencontre artistique de l’homme avec la nature, dans des images à couper le souffle, saisies dans des lieux lointains, encore jamais photographiés.

© Chris Burkard
© Chris Burkard

Cette tendance en photographie trouve un écho dans l’écriture : notre connexion biologique avec le monde fait l’objet de blogs touristiques à l’intelligence nouvelle, doublés de clichés scéniques qui, on peut arguer, tirent leur inspiration de concepts éco-touristiques et du langage visuel des réseaux sociaux. Par exemple (lien) de Philipp Dukatz, dont le blog, les écrits et les images se mêlent pour offrir inspirations et motivations de voyages, de rencontres humaines et culturelles, et d’exploration de lieux qui ne semblent plus tellement loin. De plus en plus, de telles initiatives fusionnent art et passion afin de faire accepter au public l’idée suivante : nous sommes tous liés à notre environnement, et il n’y a pas de séparation entre les agissements de l’un et les effets sur l’autre.

© ANHEDE
© ANHEDE

Le lien entre la photographie et la biologie joue également un rôle important dans la préservation documentaire. Un exemple : les appareils photo à gibier, installés sur les pistes en forêt, qu’on utilise pour pister toutes sortes d’animaux, depuis la « wild turkey » jusqu’à l’ours. Ces appareils immortalisent des images d’espèces qu’on pensait presqu’éteintes dans certains endroits, comme le loup dans le Nord de la France, en Italie, ou en Roumanie. Il y a quelque chose de fascinant dans cette motivation de la photographie artistique grâce à des appareils de surveillance. Cette sorte de collaboration spontanée définit de nouvelles façons de penser la photographie artistique.

© Parcul National Piatra Craiului
© Parcul National Piatra Craiului

Beaucoup de photographes d’environnement urbain ou naturel utilisent les appareils photo de leurs téléphones portables en tant que plateformes de création et de partage instantané d’images. Même si la qualité des images n’est pas la meilleure, cette démarche constitue une nouvelle étape pour la photo documentaire, et une forme d’art en soi. Ces images issues d’Instagram ou autre, témoignent de la façon dont les « millenials » découvrent de nouveaux territoires d’expression avec les outils à leur disposition, dans l’espoir de démontrer la connexion humaine et écologique à l’œuvre dans leurs idées de photos.

Le reportage spontané sur les manifestations issues de querelles écologico-politiques, telles que celle de la Dakota pipeline, ou des danses formelles amérindiennes, et, plus récemment, des manifestations contre la vente de terrains des National Parklands aux Etats-Unis – ce reportage est devenu une source fiable d’informations, et une forme puissante d’activisme artistique.

© Michael Foust
© Michael Foust

Preuve en est le travail du photographe Andy Davidhazy’s, qui a pris des selfies à chaque kilomètre de la piste qui va du Mexique au Canada, et qui a décrit en détail l’impact de la nature sur le corps humain : un hommage malicieux et moderne à la nature et à l’effort. Ses images, réunies dans une séquence de quatre minutes, ont été diffusées dans le monde entier. Le message de Davidhazy : sortez de chez vous, explorez notre monde, faites partie intégrante de l’environnement, et, le plus important, protégez-le en encourageant la prise de conscience et renforçant les efforts de conservation, de quelque façon que ce soit.

© Michael Foust
© Michael Foust

As a photographer with a background in Biology; specifically Diagnostic Veterinary Parasitology, Michael Foust became interested in nature, hiking and types of trails and their relationship with those who enjoy them. Originally born in the United Kingdom, he has had the opportunity to travel and experience different cultures and people across the world. This work has influenced the rest of his photography, even in the studio, prompting him to capture simplicity in connections, and to show intimacy between and within them. He uses different forms of photography such as studio, architecture, portraits, landscapes, photojournalism, and street photography. Within all of these art forms lies the connection between the worlds that convey the biological connection. His very unique background has gotten his work accepted into exhibitions and publications across the world. To start a new chapter in his life, he is currently perusing his master’s degree at Speos International Photographic Institute in Studio and Commercial Photography in Paris where he resides permanently.

Contact:

https://www.michaelfoustphotographie.com

michaelfoust19@yahoo.com

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